CePiCOP - 24.03.2026 - Est-il nécessaire de traiter au stade premier nœud (BBCH 31) en escourgeon ?

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Céréales
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Plateforme variétale d’escourgeon

Les escourgeons ont maintenant atteint le stade 1er nœud (BBCH 31) dans la majorité des parcelles du réseau d'observation du CePiCOP (17/20 parcelles) et les plus avancées (2/20 parcelles) sont au stade 2e nœud (BBCH 32).  

Quelques pustules de rouille naine sont visibles sur les dernières feuilles, notamment sur les F-1 et F-2 actuelles. Ces feuilles correspondent respectivement à la deuxième et à la troisième feuille en partant du sommet de la plante, en tenant compte que la feuille pointante est désignée comme F-0. Au stade du deuxième nœud (BBCH 32), une feuille supplémentaire se trouve encore à l'intérieur de la gaine, en plus de la feuille pointante. Ainsi, les F-1 et F-2 actuelles correspondent en réalité aux futures F3 et F4 définitives (voir Figure 1).

La pression en rouille naine varie selon les sites et la sensibilité variétale. Elle semble globalement plus marquée dans certaines zones (notamment du côté de Waremme, Ath ou Acosse), où l'on peut observer jusqu'à 100 % des F-3 (F6 définitive) portant des pustules dans le bas de la végétation, sans pour autant que l'intensité des symptômes soit trop élevée (maximum 6% de surface touchée).

Stades phénologiques des céréales. En vert, les feuilles visibles ; en gris, les feuilles à venir.

L'helminthosporiose est observée ponctuellement sur certaines variétés et surtout sur les feuilles F-3, correspondant aux futures F5-F6. La fréquence peut atteindre localement 40 % de feuilles touchées, mais l'intensité reste faible (moins de 4 % de surface foliaire atteinte).

La rhynchosporiose reste discrète à ce stade, avec quelques symptômes signalés notamment à Lonzée et Waremme.

L'oïdium apparaît comme la maladie la plus observée actuellement. Elle est présente dans la majorité des parcelles, en particulier dans le bas de la végétation, où plus de 10 % de la surface foliaire peut être atteinte dans les cas les plus sérieux. Des symptômes sont également observés sur F-2 (fréquemment 40 à 85 % des feuilles atteintes) et plus ponctuellement sur F-1. Cette situation est liée aux conditions récentes, relativement sèches, ainsi qu'à la nutrition azotée, favorables à cette maladie. En cas de forte pression, comme observée dans certaines parcelles actuellement, des substances actives efficaces sur l'oïdium peuvent être envisagées, comme le cyflufénamid (par exemple dans des spécialités telles que ATACERT, COSINE, CYFLUMAX, CYFLUTOP, NISSODIUM, …), le soufre (FLOSUL, KUMULUS WG, MICROTHIOL SPECIAL LIQUID, VERTIPIN, …), la métrafénone (FLEXITY, …) ou des combinaisons avec de la spiroxamine et du prothioconazole (INPUT, …).

Rappels des maladies principales en escourgeon :

Les escourgeons ont donc atteint le stade requis pour envisager un premier traitement (entre le stade 1er et 2e nœud, BBCH31-32) si la pression en maladies est importante. Néanmoins, les observations du réseau indiquent que la pression en maladies reste globalement modérée dans la majorité des situations.

Comme le montre les résultats du réseau wallon, un traitement fongicide en montaison (BBCH 31) n'est pas systématiquement rentable. La météo qui s'annonce plus froide cette semaine n'est pas favorable au développement des maladies fongiques. Vous avez donc le temps de passer voir vos parcelles, de déterminer à quel stade se trouvent vos escourgeons et de caractériser la pression en maladies. 

 Une intervention fongicide (T1) peut être envisagée si certains seuils indicatifs sont dépassés. Dans ce cas, il est conseillé d'adapter l'investissement fongicide au niveau de risque (inutile d'investir trop si cela n'est pas nécessaire).

  • Privilégier des solutions intermédiaires au stade BBCH 31 (ex. triazoles comme le metconazole ou associations avec strobilurines) et spécifiques aux maladies présentes (voir ci-dessous pour les substances actives contre l'oidium et l'ajout d'une strobilurine est utile en cas de présence de rouille naine).
  • réserver les solutions les plus performantes pour le traitement principal au stade dernière feuille étalée (BBCH 39) (ex. prothioconazole, méfentrifluconazole, folpet, etc.).
Si aucun seuil n'est dépassé, il est fortement recommandé d'attendre le stade dernière feuille étalée (BBCH 39) pour envisager une protection complète de vos escourgeons.

Seuils d'intervention indicatifs pour les maladies de l'escourgeon selon les Bulletins de Santé du Végétal (*)

A partir du stade 1er nœud (BBCH 31), sur les 3 dernières feuilles :

Pour la rouille naine :

  • Variétés sensibles : plus de 10% des feuilles atteintes.
  • Variétés moyennement et peu sensibles : plus de 50% des feuilles atteintes.

Pour le cortège maladies rhynchosporiose et helminthosporiose :

  • Variétés sensibles : plus de 10% des feuilles atteintes.
  • Variétés moyennement et peu sensibles : plus de 25% des feuilles atteintes.

Pour l'oïdium :

  • Variétés sensibles : plus de 20% des feuilles atteintes.

(*) https://www.arvalis.fr/sites/default/files/medias/pdf/2026-03/BSV_GC-n9_170326.pdf

Des exemples de schémas de protection fongicide se trouvent dans votre Livre Blanc de février 2026, dans la rubrique « Lutte intégrée contre les maladies - protection de l'escourgeon ». Veillez à alterner les modes d'actions et les molécules afin de préserver l'efficacité des matières actives et éviter l'apparition de résistance.

Les produits agréées sont disponibles sur Phytoweb (ou dans les pages jaunes reprises sur le site : https://www.centrespilotes.be/cp/cepicop/cereales/produits-autorises/  )

Groupe « maladies » A. Nysten


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