CePiCOP - 07.04.2026 - Protection des escourgeons : évaluer pour ne pas traiter inutilement !
Cliquer sur confirmer pour copier cet avertissement.
Céréales
Avec les températures annoncées, les escourgeons poursuivent rapidement leur développement : la majorité est au stade 2e nœud (BBCH 32) et certaines parcelles approchent déjà du stade dernière feuille pointante (BBCH 37).
Pour ceux qui ne l'auraient pas fait et qui ont des parcelles à risque (variété sensible, date de semis précoces, fertilisation importante, et pression en maladies qui dépassent un seuil…) les escourgeons sont donc encore au stade requis pour envisager un premier traitement (entre le stade 1er et 2e nœud, BBCH31-32) si la pression en maladies est importante. Comme le montrent les résultats du réseau wallon, un traitement fongicide en montaison (BBCH 31) n'est pas systématiquement rentable. Pour ceux qui ont réalisé un premier traitement, il convient désormais d'attendre le stade dernière feuille étalée (BBCH 39) afin de réaliser le traitement complet.
L'helminthosporiose est bien observée cette année mais uniquement sur certaines variétés et surtout sur les feuilles F-2 et F-3, correspondant aux futures F4-F5. La fréquence peut atteindre localement 80 % de feuilles touchées et la taille des lésions jusqu'à 7,5 % de surface foliaire atteinte.
La rhynchosporiose est encore discrète à ce stade, avec quelques symptômes signalés notamment à Lonzée.
La rouille naine est visible sur les dernières feuilles, principalement sur les F-2 et F-3 actuelles mais également sur des F-1 qui correspondent à la F3 définitive (voir Figure 1). Sa pression varie selon les sites et la sensibilité variétale. Elle semble globalement plus marquée dans certaines zones (notamment du côté de Waremme, Ath ou Acosse), où l'on peut observer jusqu'à 100 % des F-2 (F4 définitive) portant des pustules, sans pour autant que l'intensité des symptômes soit trop élevée (maximum 3% de surface touchée).
L'oïdium est encore fort observé actuellement. Elle est présente dans la majorité des parcelles, en particulier dans le bas de la végétation, où plus de 20 % de la surface foliaire peut être atteinte dans les cas les plus sérieux. Des symptômes sont également observés sur F-2 (fréquemment 5 à 95 % des feuilles atteintes) et plus ponctuellement sur F-1. Cette situation est liée aux conditions du mois de février et début mars, relativement sèches, ainsi qu'à la nutrition azotée, favorables à cette maladie. En cas de forte pression, comme encore observée dans certaines parcelles actuellement, des substances actives efficaces sur l'oïdium peuvent être envisagées, comme le cyflufénamid (par exemple dans des spécialités telles que ATACERT, COSINE, CYFLUMAX, CYFLUTOP, NISSODIUM, …), le soufre (FLOSUL, KUMULUS WG, MICROTHIOL SPECIAL LIQUID, VERTIPIN, …), la métrafénone (FLEXITY, …), le fenpropidine (AMISTAR PRIME, IDENCIA PRIME) ou des combinaisons avec de la spiroxamine et du prothioconazole (INPUT, …).
Rappels des maladies principales en escourgeon :
Une intervention fongicide (T1) peut encore être envisagée si certains seuils indicatifs sont dépassés. Dans ce cas, il est conseillé d'adapter l'investissement fongicide au niveau de risque (inutile d'investir trop si cela n'est pas nécessaire).
- Privilégier des solutions intermédiaires au stade BBCH 31 (ex. triazoles comme le metconazole ou associations avec strobilurines) et spécifiques aux maladies présentes (voir ci-dessous pour les substances actives contre l'oïdium et l'ajout d'une strobilurine est utile en cas de présence de rouille naine).
- réserver les solutions les plus performantes pour le traitement principal au stade dernière feuille étalée (BBCH 39) (ex. prothioconazole, méfentrifluconazole, folpet, etc.).
Si aucun seuil n'est dépassé, il est fortement recommandé d'attendre le stade dernière feuille étalée (BBCH 39) pour envisager une protection complète de vos escourgeons.
Seuils d'intervention indicatifs pour les maladies de l'escourgeon selon les Bulletins de Santé du Végétal (*)
A partir du stade 1er nœud (BBCH 31), sur les 3 dernières feuilles :
Pour la rouille naine :
- Variétés sensibles : plus de 10% des feuilles atteintes.
- Variétés moyennement et peu sensibles : plus de 50% des feuilles atteintes.
Pour le cortège maladies rhynchosporiose et helminthosporiose :
- Variétés sensibles : plus de 10% des feuilles atteintes.
- Variétés moyennement et peu sensibles : plus de 25% des feuilles atteintes.
Pour l'oïdium :
- Variétés sensibles : plus de 20% des feuilles atteintes.
(*) https://www.arvalis.fr/sites/default/files/medias/pdf/2026-03/BSV_GC-n9_170326.pdf
Des exemples de schémas de protection fongicide se trouvent dans votre Livre Blanc de février 2026, dans la rubrique « Lutte intégrée contre les maladies - protection de l'escourgeon ». Veillez à alterner les modes d'actions et les molécules afin de préserver l'efficacité des matières actives et éviter l'apparition de résistance.
Les produits agréées sont disponibles sur Phytoweb (ou dans les pages jaunes reprises sur le site : https://www.centrespilotes.be/cp/cepicop/cereales/produits-autorises/ )
Groupe « maladies » A. Nysten








