Céréales
Les escourgeons ont poursuivi rapidement leur développement : la majorité est au stade dernière feuille pointante (BBCH 37). Quelques parcelles atteignent même parfois le stade de la dernière feuille étalée (BBCH 39).
Il convient désormais d'attendre ce stade de la dernière feuille étalée (BBCH 39) afin de réaliser le traitement complet.
L'helminthosporiose est observée cette année mais uniquement sur certaines variétés. Les symptômes sont observés sur les feuilles F-2 et F-3, correspondant aux futures F3-F4. La fréquence sur ces feuilles n'atteint que 10% de feuilles touchées et la surface foliaire atteinte est faible sur ces feuilles.
La rouille naine est visible partout sur les dernières feuilles, principalement sur les F3 et F4 définitives mais quelques pustules sont visibles sur les F2 et il conviendra d'adapter son programme en fonction de cette maladie. Sa pression varie selon les sites et la sensibilité variétale. Elle semble globalement plus marquée dans certaines zones (notamment du côté de Waremme, Ath ou Acosse), où l'on peut observer jusqu'à 100 % des F4 définitive portant des pustules, sans pour autant que l'intensité des symptômes soit trop élevée (maximum 3% de surface touchée).
L'oïdium a été fort présent dans la majorité des parcelles cette année, en particulier dans le bas de la végétation, où plus de 20 % de la surface foliaire pouvait parfois être atteinte dans les cas les plus sérieux. Dans les parcelles non traitées, les symptômes sont toujours observés sur F3 (jusqu'à 40 % des feuilles atteintes).
La rhynchosporiose est restée discrète cette année.
Le traitement « dernière feuille étalée » (BBCH 39) peut être envisagé en vérifiant bien que toutes vos feuilles sont bien déployées. Il est encore tôt et il faut attendre d'atteindre le stade adéquat. Il est préférable d'être un peu en retard et de protéger correctement toutes les feuilles plutôt que d'intervenir trop tôt. Si vous combinez ce passage avec un régulateur, veillez toutefois à l'appliquer avant que vos épis ne sortent (stade maximum BBCH49, TERPAL).
Ce traitement consiste en l'application de plusieurs molécules issues de familles chimiques différentes (mélange de produits commerciaux ou de molécules co-formulées dans un unique produit) :
- Un triazole (prothioconazole, mefentrifluconazole, tebuconazole ou metconazole), pour contenir la rouille naine (et la rhynchosporiose).
- Un SDHI (bixafen, fluopyram, fluxapyroxad ou benzovindiflupyr), recommandé pour sa rémanence d'action, renforçant la protection sur la durée.
- Une strobilurine (pyraclostrobine, azoxystrobine, fluoxastrobine ou trifloxystrobine), utile en complément pour renforcer la lutte contre la rouille naine et l'helminthosporiose.
Si vous avez implanté une variété tolérante et que votre parcelle ne présente pas de symptômes, ajustez votre protection (en n'utilisant que deux molécules par exemple) tout en gardant en tête que la rouille naine pourra se développer dans les prochaines semaines.
Nos essais ont également montré l'intérêt d'intégrer des substances à mode d'action multisites, telles que le soufre ou le folpet, notamment dans la gestion de la ramulariose.
Enfin, en cas de forte pression d'oïdium encore visible sur votre parcelle, privilégiez l'usage de molécules spécifiques telles que le cyflufénamide, métrafenone, fenpropidine, spiroxamine ou soufre, reconnues pour leur efficacité ciblée sur ce pathogène (voir l'avis du 7/04/26).
Les produits agréés sont disponibles sur Phytoweb (ou dans les pages jaunes reprises sur le site : https://www.centrespilotes.be/cp/cepicop/cereales/produits-autorises/ )
Groupe « maladies » A. Nysten








