Céréales
Au moment des semis, il est bon de rappeler que certains leviers agronomiques s'avèrent très utiles pour lutter contre les graminées en céréales d'hiver :
- La rotation, grâce à l'alternance des cultures d'hiver et de printemps, perturbe fortement le développement des populations de graminées adventices.
- Après trois ans, moins de 5% des semences de graminées enterrées profondément seront capables de germer. Le labour n'est donc pas à négliger, surtout s'il est positionné après un désherbage raté.
- Reporter la date de semis d'une quinzaine de jours permet de réduire la production grainière du vulpin d'environ 60%.
Une fois les céréales semées, les méthodes de lutte se limitent principalement aux interventions chimiques ou mécaniques.
Dans le cas de l'orge d'hiver et des froments semés tôt, la gestion chimique des adventices a lieu préférentiellement durant l'automne. En effet, c'est à ce moment que la majorité des mauvaises herbes va germer et croître. Jeunes et peu développées, ces dernières sont facilement et économiquement éliminées. De manière générale, il vaut mieux privilégier les applications de préémergence, souvent plus efficaces que la postémergence précoce. Attention, les herbicides d'automne sont des racinaires qui nécessitent une certaine humidité pour exprimer leur potentiel. En cette période plutôt sèche, il serait préférable de positionner le traitement en fonction des épisodes de pluie.
Depuis quelques années, le désherbage automnal des céréales est principalement basé sur le flufenacet, très efficace contre les graminées adventices. Cette molécule a été interdite au niveau européen et ne pourra plus être pulvérisée après le 10 décembre 2026. Cet automne constitue donc la dernière opportunité de l'utiliser.
Si vous disposez encore de flufenacet, il est pertinent de le réserver aux parcelles d'escourgeon et/ou aux parcelles à graminées adventices difficiles voire résistantes aux herbicides foliaires de printemps.
Si vous ne disposez plus de flufenacet, il sera sans doute nécessaire de combiner au moins deux molécules à profil antigraminées comme le prosulfocarbe, le chlorotoluron ou le triallate. Il pourrait également s'avérer judicieux d'y ajouter un produit à base de diflufenican, de beflubutamide ou d'aclonifen. Ces substances actives bien que principalement antidicotylées permettront de compléter le spectre d'une part et de renforcer l'activité antigraminées de manière non négligeable d'autre part.
En escourgeon, les possibilités de rattrapage printanier sont peu nombreuses. Il sera important d'aller vérifier l'efficacité du traitement avant l'installation de l'hiver, dès le stade 3 feuilles - début tallage (BBCH 13-21) et décider d'appliquer, le cas échéant, un antigraminées foliaire (pinoxaden).
En froment, le choix variétal pourrait se révéler décisif. En effet, emblaver une variété sensible au chlorotoluron équivaut à se priver d'un outil potentiellement critique dans le contexte de l'interdiction du flufenacet.
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Groupe « Désherbage céréales », F. Henriet








