CePiCOP - 13.10.2026 - Froment d’hiver : bien raisonner sa date et sa densité de semis

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Céréales
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Le retour des pluies et l'humidité retrouvée dans les sols peuvent inciter à démarrer rapidement les semis de froment d'hiver.  Toutefois, il est important de ne pas confondre retour de conditions favorables et nécessité de semer sans attendre.  La date de semis et la densité d'implantation doivent être raisonnées en fonction du type de sol, de la pression des adventices et des ravageurs, et des conditions météorologiques attendues.

Choisir la bonne date de semis

Dans nos régions, la période comprise entre la mi-octobre et le début du mois de novembre constitue généralement un bon compromis entre potentiel de rendement et risques culturaux. 

Les résultats de l'essai « Dates de semis » du CePiCOP, présentés dans le Livre Blanc Céréales, montrent que les rendements sont généralement légèrement supérieurs lorsque les semis sont réalisés en début de saison.  Cet avantage ne justifie toutefois pas de semer avant la mi-octobre.  En effet, un semis trop précoce favorise notamment le développement des graminées adventices, augmente le risque de jaunisse nanisante de l'orge (JNO), transmise par les pucerons observés en nombre cet automne, et peut favoriser certaines maladies comme le piétin-échaudage.  À l'inverse, un semis tardif réduit la durée du tallage automnal et peut nécessiter une augmentation de la densité de semis pour compenser une implantation moins favorable.

Néanmoins, retarder les semis constitue un levier agronomique à part entière, notamment dans les parcelles fortement infestées par les graminées adventices.  Les résultats du CePiCOP indiquent que les semis réalisés autour de la mi-novembre permettent encore souvent d'obtenir des rendements équivalents ou légèrement inférieurs à ceux des semis d'octobre.  En revanche, les semis très tardifs, à partir de la mi-décembre, sont plus régulièrement pénalisés.  Cette perte de rendement peut toutefois être limitée en choisissant des variétés adaptées aux semis tardifs (voir les recommandations variétales du Livre Blanc Céréales).

La date de semis doit dès lors être adaptée aux caractéristiques et aux contraintes de chaque parcelle :

  • Parcelles à ressuyage lent ou à risque d'engorgement : un semis relativement précoce peut se justifier afin de profiter des fenêtres d'intervention disponibles, à condition que le sol soit suffisamment ressuyé et que la pression des adventices soit maîtrisée.  Une surveillance attentive des pucerons reste indispensable. 
  • Parcelles présentant une forte pression de vulpin ou de ray-grass : retarder le semis, idéalement jusqu'à la fin octobre ou au début novembre lorsque les conditions le permettent, constitue un levier agronomique important.  Cela permet de faire lever une partie des adventices avant l'implantation et de réduire leur concurrence avec la culture.
  • Parcelles sans contrainte particulière : privilégier les semis dans la période optimale, sans chercher à prendre systématiquement de l'avance dès le retour des pluies.

Quelle que soit la date retenue, il est essentiel de travailler sur un sol suffisamment ressuyé, de préparer un lit de semences régulier et d'implanter le froment dans de bonnes conditions.  Le choix variétal doit également être adapté à la date de semis et aux caractéristiques de la parcelle.

Adapter la densité de semis à la date et aux conditions d'implantation

La densité de semis doit permettre d'obtenir une population suffisamment régulière pour assurer le rendement, sans rechercher une surdensité inutile.  Elle s'exprime généralement en grains/m² plutôt qu'en kg/ha.  La quantité de semences à apporter dépend alors du poids de mille grains (PMG) du lot utilisé. 

À titre indicatif, les densités recommandées par le Livre Blanc Céréales pour des semis réalisés dans de bonnes conditions sont les suivantes :

Tableau 1: Densité de semis (grains/m²) recommandée en fonction de la date de semis. Source : Livre Blanc Céréales

Ces valeurs doivent être ajustées selon les conditions d'implantation.  En conditions limites, notamment lorsque le temps est incertain ou que la préparation du sol est imparfaite, une majoration d'environ 10 % peut être envisagée.  À l'inverse, lorsque les conditions sont idéales, une réduction de 10 à 20 % est possible.  Dans les sols froids, humides, argileux ou difficiles à travailler, une majoration de 20 à 50 grains/m² peut également être nécessaire.

L'objectif est d'obtenir, à la sortie de l'hiver, une population d'environ 150 à 200 plantes/m² pour les semis précoces à normaux et 200 à 250 plantes/m² pour les semis tardifs.  Une population régulière peut toutefois rester productive à des densités inférieures : il n'est donc pas nécessaire de rechercher systématiquement le nombre maximal de plantes.

Groupe « Phytotechnie céréales », N. Vannoppen


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